Pleins feux sur… les lauréates des prix Indspire

Dans ce numéro de Perspectives, nous lançons « Pleins feux sur… », une nouvelle rubrique qui met à l’honneur des personnes dont la contribution à l’éducation et au renforcement des valeurs défendues par la FCE‑CTF a été exceptionnelle.

Pour la première édition de « Pleins feux sur… », nous tournons les projecteurs vers trois femmes, lauréates des prix d’Indspire, une organisation autochtone nationale qui investit dans l’éducation des Autochtones, afin de servir l’intérêt à long terme de ces personnes, de leurs familles, de leurs communautés et du Canada tout entier.

Représentant le plus grand honneur que la communauté autochtone accorde à ses membres les plus méritants, les prix Indspire ont été créés en 1993, en conjonction avec la Décennie internationale des populations autochtones des Nations Unies. Ils reconnaissent les carrières exceptionnelles des professionnelles et professionnels ainsi que des jeunes autochtones, favorisent l’estime de soi et la fierté dans les communautés autochtones et présentent des modèles précieux aux jeunes autochtones.

Éducation

Vianne Timmons, Ph.D.

Micmaque, N.-É.

« Les jeunes autochtones sont la prochaine génération de leaders du Canada. Il est donc primordial de veiller à ce qu’ils reçoivent l’éducation qu’ils méritent. L’éducation ouvre des portes, crée des occasions, forme des leaders et change des vies. »

Mme Timmons est la première femme présidente et vice-chancelière de l’Université de Regina. Elle s’est efforcée de rendre l’éducation plus pertinente, plus accessible et plus solidaire pour les étudiants des Premières Nations, inuits et métis, assume un rôle de leadership national et international en matière d’éducation autochtone et plaide pour l’indigénisation de l’université, notamment en apportant des changements à grande échelle, tels que la mise en place d’un centre pour étudiants autochtones et d’un cercle consultatif autochtone. Le Réseau des femmes exécutives l’a désignée comme étant l’une des 100 femmes les plus influentes du Canada pendant quatre ans d’affilée et l’a intronisée à son Panthéon. Mme Timmons et l’Université de Regina ont également joué un rôle clé dans le redressement de l’Université des Premières Nations après la crise financière de 2010. Mme Timmons a également précisé que l’Université de Regina est un lieu sécuritaire pour les étudiants et, en 2017, elle a fait part de son expérience personnelle avec la violence sexuelle dans l’espoir de donner aux étudiants la possibilité de continuer à faire de même.

Récompenses et réalisations :

  • 2018 : Officier de l’Ordre du Canada.
  • 2016 : Nommée citoyenne de l’année par CTV Regina.
  • 2015 : Prix de la Présidente du Bureau canadien de l’éducation internationale de leadership distingué en éducation internationale.
  • 2015 : Prix de l’Inter-American Organization For Higher Education en leadership et influence dans le domaine de l’éducation et des politiques publiques.
  • 2014 : Prix de reconnaissance des Senior Women Academic Administrators of Canada pour avoir apporté son soutien à la diversité dans des établissements d’enseignement.
  • 2013 : Prix humanitaire de la Croix-Rouge pour son travail dans les domaines du handicap et de l’éducation.
  • 2012 : Prix Partenaire en éducation du Collège de l’Arctique du Nunavut pour le soutien apporté aux programmes d’éducation dans le Nord.

Culture, patrimoine et spiritualité

Jijuu Mary Snowshoe

Nation Gwich’in, T.N.-O.

« Nous tirons notre force de la terre, de l’eau et du feu; c’est ce que m’a appris mon

Père. Rappelez-vous que nous avons une belle terre, une bonne eau et toutes sortes d’aliments et de médecines traditionnels. Nous sommes riches. Respectez-vous les uns les autres et respectez la terre. »

Jijjuu (grand-mère) Mary Snowshoe est née en 1938 et, bien que ses frères et sœurs aient été mis dans un pensionnat, ses parents l’ont gardée à la maison et lui ont enseigné les techniques traditionnelles des Gwich’in. Son père lui a appris à chasser, à pêcher et à piéger, tandis que sa mère lui a appris à préparer des plats traditionnels et à tanner la peau d’orignal. Elle raconte les histoires de la Nation gwich’in et peut parler, comme l’a fait son père, des premiers « hommes blancs » venus dans leur communauté, de l’épidémie de grippe et des missionnaires anglicans venus avec la religion. Elle continue de transmettre son savoir sacré et de faire en sorte que le mode de vie des Gwich’in survive au travers des futures générations. Mary a enseigné le gwich’in pendant 24 ans, jusqu’à sa retraite en 2003. À 80 ans, elle met toujours des filets de pêche sous la glace, recueille des enfants et continue de vivre de la nature pendant l’été. En 2008, elle a reçu le prix Wise Women du Conseil sur la condition de la femme des Territoires du Nord-Ouest.

Récompenses et réalisations :

  • 2018 : Présentatrice des médecines traditionnelles dans le cadre du Programme de soutien en santé pour les Autochtones atteints du cancer.
  • 2013 : A participé à l’enseignement de la culture traditionnelle avec les élèves de l’école Chef Julius au camp du lac Midway.
  • 2008 : Prix Wise Women du Conseil sur la condition de la femme des Territoires du Nord-Ouest.
  • 2003 : A pris sa retraite du département de l’éducation après 24 ans d’enseignement de la langue gwich’in.
  • 1991 : A participé à la création d’un dictionnaire de la langue teetl’it gwich’in pour les jeunes.

Accomplissement d’une vie

Atuat Akittirq

Aggu, Nunavut

« Dans la vie, il y a des moments où nous réalisons que les paroles prononcées par nos aînés pour bien vivre sont devenues une réalité. Ces moments nous rappellent d’apprécier et d’écouter ces sages paroles. Un jour, chacun de nous sera l’aîné qui dira des paroles d’encouragement aux jeunes. »

Atuat Akittirq incarne la formidable résilience du savoir et de la langue inuits. Elle naît et grandit à Aggu, suivant les principes inuits traditionnels et nomades, vit la réinstallation forcée de sa communauté et, malgré son adaptation à un style de vie sédentaire, continue de militer en faveur de l’intégration des visions du monde inuites. Membre du Comité consultatif des aînés du ministère de l’Éducation du Nunavut depuis 2004, Atuat contribue à l’élaboration de programmes pédagogiques enracinés dans la culture inuite. Maîtrisant habilement la préparation des peaux et des vêtements inuits, ses travaux sur de nombreux films et documentaires avec Isuma Productions lui valent le prix Genie 2010 du meilleur costume pour le film Before Tomorrow. L’une des plus anciennes enseignantes du Centre Pirurvik, elle partage volontiers avec les jeunes inuits sa profonde connaissance de la culture et de la vie inuites. Elle est connue pour rappeler aux Inuits l’importance d’utiliser la culture inuite comme fondement, même dans un style de vie sédentaire moderne. Ses contributions aux efforts déployés au Nunavut pour assurer que le maintien du mode de vie des Inuits soit transmis aux générations futures sont essentielles. À 83 ans, Atuat continue de pratiquer sa culture et est respectée pour les contributions qu’elle apporte à la vie et à la pensée des Inuits.

Récompenses et réalisations :

  • 2018 : Écrit deux chapitres pour Determinants of Indigenous Peoples’ Health, Second Edition: Beyond the Social.
  • 2017 : Écrit deux chapitres pour Inuit Qaujimajatuqangit: What Inuit Have Always Known to Be True, un livre qui préserve le savoir et la tradition inuits grâce aux contributions d’aînés inuits bien connus et respectés.
  • 2015 : Aînée et spécialiste en savoir inuit pour la consultation des aînés en matière d’éducation de la petite enfance.
  • 2012 : Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II.
  • 2010 : Prix Genie du meilleur costume.
  • 2007 : Participe au cadre pédagogique pour les écoles du Nunavut dans le cadre de l’Inuit Qaujimajatuqangit,
  • 2001 : Participe aux recherches et au script du film acclamé par la critique, Atanarjuat.