La bienveillance de mes enseignantes et enseignants m’a sauvée!

« Cassie Hallett, tu es convoquée au bureau du directeur adjoint tout de suite après les messages
du matin. » J’entends encore cette voix à l’interphone, forte, claire et un peu plus sévère qu’à l’habitude. J’avais 14 ans et j’étais en 9e année. Je n’avais aucune idée de ce que je pouvais avoir fait de mal. J’ai pris une grande respiration, j’ai essayé de ne pas laisser ma gêne colorer mes joues, alors que je sentais les regards tournés vers moi, certains avec l’air de dire « Haha! Bien fait pour toi! ».

Au bout de quelques minutes, j’ai compris ce que je faisais dans le bureau du directeur adjoint. Je n’avais rien fait de mal. Il m’offrait simplement un lieu sûr. Il m’avait appelée à son bureau parce qu’avec d’autres enseignantes et enseignants, il avait remarqué que je me renfermais de plus en plus sur moi‑même. Une semaine avant, tandis que mes camarades de classe et moi-même sortions de son cours d’études sociales, il m’avait demandé si j’allais bien. Consciente des oreilles et des regards indiscrets, j’ai répondu avec beaucoup de conviction : « Oui, très bien. Merci! » J’ai essayé de ne pas remarquer quelques regards moqueurs derrière moi et j’ai poursuivi la journée comme si de rien n’était. Pas une seconde je ne me suis doutée que mon enseignant et directeur adjoint ne m’avait pas crue.

Avec plusieurs des autres membres de la solide équipe d’enseignantes et enseignants de l’école publique intermédiaire où j’allais à l’époque, il était inquiet et suffisamment averti pour savoir que les changements qu’il observait dans ma participation en classe et aux activités pouvaient signaler un problème d’intimidation. Pour me protéger et veiller sur moi, ces personnes avaient trouvé une façon de me parler sans alerter les autres, en donnant l’impression que j’avais fait quelque chose de mal.

Était-ce la meilleure façon de faire? Probablement pas. Mais l’intention était-elle bonne et la tactique a-t-elle réussi? Tout à fait! Trente-cinq ans plus tard, je me souviens, certes, de l’angoisse que m’a causé le fait d’entendre mon nom à l’interphone, mais surtout je me rappelle de la bienveillance de mes enseignantes et enseignants et de leur aide qui a changé ma vie à l’époque.

La FCE-CTF croit fermement au droit universel à une éducation publique de qualité et défend sa conviction avec ardeur. Elle estime que, pour que tous les enfants bénéficient d’une éducation publique de qualité, financée par l’État et inclusive, les écoles doivent être des milieux de vie sûrs et bienveillants pour l’ensemble des élèves et du personnel scolaire. Cette année, la FCE-CTF, avec bon nombre de ses organisations Membres, a réalisé une étude afin de nous aider à mieux comprendre les raisons de l’accroissement de la violence dans les écoles. Comme l’explique l’article intitulé « La “violence” en classe », les résultats de cette étude nous permettront de mieux nous attaquer aux causes fondamentales de la violence et de venir à bout de ce fléau grandissant.

Comme le savent déjà certaines et certains d’entre vous, les déléguées et délégués à l’AGA de la FCE-CTF
de juillet 2018 ont défini les dossiers d’action politique sur lesquels la Fédération devra intervenir en priorité. Plusieurs d’entre eux sont rattachés au besoin de faire des écoles des milieux de vie sûrs et bienveillants pour tout le monde. Donc, tout au long de l’année 2018-2019 et même après, les enseignantes et enseignants, les élèves, les parents et toutes les autres personnes qui ont à cœur la qualité de l’éducation publique verront que leur organisation nationale de l’enseignement, la FCE-CTF, mènera son action sur une diversité de fronts, dont les suivants, qui ont une incidence directe sur la sécurité dans les écoles :

  • l’accroissement des ressources pour s’attaquer aux causes profondes de la violence à l’encontre du personnel enseignant et des élèves dans les écoles publiques, dont les problèmes de santé mentale, les troubles de comportement, les besoins particuliers des élèves et la disparité socioéconomique;
  • l’octroi de ressources suffisantes aux écoles, en particulier pour favoriser l’inclusion scolaire;
  • l’amélioration de l’accès aux ressources et aux services de soutien en santé mentale pour les élèves, le personnel enseignant et les autres professionnelles et professionnels de l’éducation;
  • le rappel du fait que les droits des travailleuses et travailleurs sont des droits de la personne, tant au Canada qu’à l’étranger;
  • l’équité entre les sexes dans les organisations Membres et partenaires de la FCE.

Si votre organisation ou vous-même connaissez des études ou des projets qui portent sur ces questions, nous vous serions reconnaissants d’en donner les détails à la FCE-CTF par l’intermédiaire de Wendy Noble à l’adresse wnoble@ctf-fce.ca.

Avant de clore, j’aimerais remercier John Stone. Votre cours d’études sociales était excellent. Avec vous, nous avons beaucoup appris sur le monde qui nous entoure, sur le passé, le présent et le futur de l’humanité et sur nos responsabilités à l’égard de la société et de la planète. Toutefois, la principale chose qui me vient à l’esprit quand je pense à vous n’a rien à voir avec la géographie ou l’histoire. Je vous serai toujours reconnaissante de la bienveillance que vous aviez à l’égard de chacune et chacun des élèves et, plus particulièrement, de ce que vous avez fait pour que l’école m’offre un milieu où je pouvais me sentir en sécurité. Merci!

 

 


 

Cassandra Hallett est la secrétaire générale de la FCE-CTF.

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